Publié par : f. gintrand | avril 6, 2009

La fin du documentaire objectif selon Michael Moore

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Dénonçant la face sombre des Etats-Unis et le cynisme des puissants, les films de Michael Moore sont à leur tour dénoncés comme étant de faux documentaires et du faux cinéma.

Comme d’autres cinéastes avant lui, Michael Moore se veut un cinéaste engagé. Chaplin s’était attaqué à la folie du nazisme, Capra au cynisme des banquiers et à la corruption des parlementaires, Kubrick à l’attitude irresponsable de l’état major français durant la première guerre mondiale. Autres temps, autres combats, autres cibles. Michael Moore est en guerre contre l’ultralibéralisme, ses promoteurs et ses dérives. “Roger et moi” et “The big one” critiquent les grandes entreprises américaines. “Canadian Bacon” et “Fahrenheit 9/11″ s’en prennent aux conservateurs et à leur leader, Georges Bush. ”Bowling for Colombine” dénonce le pouvoir des lobbies de l’armement et “Sico” le délabrement du système de santé américain.

Mais à la différence de Kubrick, Chaplin ou Capra qui privilégient la fiction (même si ce dernier est aussi l’auteur d’une série de documentaires intitulée “Pourquoi nous combattons”, commandée par le ministère de la guerre et récompensée par un oscar), Michael Moore préfère s’appuyer sur la réalité.  Et c’est en fait ce parti pris qui lui vaut deux séries de critiques.

Première critique : les films de Michael Moore manipulent l’information. Ce qui est incontestable. Mais ce constat vaut pour tous les documentaires qui ne sont pas réalisés par des journalistes ambitionnant de rapporter des faits mais par des artistes  souhaitant proposer un “traitement créatif de la réalité” (1). A l’exception de cet intérêt commun pour le réel, le reportage et le documentaire sont bien deux genres différents. Il n’en reste pas moins que la confusion de l’un et de l’autre ainsi que les accusations de manipulation de l’information par les réalisateurs de documentaires ne datent pas d’aujourd’hui. Dès les années 20, on reproche à “Nonouk l’esquimau” de Robert Flaherty d’avoir largement mis en scène les chasses aux phoques. Plus de 70 ans après, les critiques adressées aux films de Moore sont toujours du même ordre. Tout en lui reprochant de forcer le trait, on accuse le réalisateur de sortir les images de leur contexte, de mentir sur leur origine et, plus largement, d’abuser des possibilités offertes par le montages (2).  Moore parviendrait ainsi à cumuler deux travers pourtant a priori contradictoires : le militantisme et la manipulation.

Deuxième critique : les films de Michael Moore ne sont pas des vrais films. Là encore, la critique peut être adressée à l’ensemble du genre documentaire.  Après tout, ce genre relève-t-il vraiement du cinéma ? Et si oui que faut-il entendre par là ? Tout l’intérêt de la remise de la palme d’or à “Fahrenheit” réside dans cette question et la réponse qui peut lui être apportée. Qu’il existe de grands documentaristes comme Claude Lanzmann, Raymond Depardon, Fred Wiseman ou Hervé Le Roux, personne ne le conteste. Mais, avec le temps, certains documentaires sont-ils devenus des classiques du cinéma ?

…..

(1) L’expression est de John Grierson, un des premiers documentaristes; (2) lire à ce sujet quelques unes des critiques formulées à l’encontre des films de Michael Moore http://franckgintrand.wordpress.com/2008/11/17/les-critiques-les-plus-couramment-adressees-aux-films-de-michael-moore/

Voir aussi :

- Le résumé des films de Michael Moore http://franckgintrand.wordpress.com/2008/09/22/resume-des-films-de-michael-moore/

- Quelques exemples de documentaires : http://franckgintrand.wordpress.com/2008/09/21/quelques-documentaires/

Les classique du film pamphlétaire : Le dictateur de Charlie Chaplin; Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick; Mr Smith au sénat de Frank Capra

Article en cours de rédaction  


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  1. [...] Article principal http://franckgintrand.wordpress.com/2009/04/06/le-cinema-pamphletaire-selon-michael-moore/ [...]


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